lundi 23 septembre 2013

Reflexions sur les rencontres du president Martelly avec les leaders de l'opposition


Le gouvernement de Martelly des son debut se revele une piece de theatre tragi-comique. Certains actes de cette piece se revelent tragiques comme la mort du juge Jean Serge Joseph. D’autres se revelent comiques comme la tentative de dialoguer avec les leaders des differents partis politiques et les declarations intempestives du chef de l’Etat comme sa recente declaration affirmant qu’il est le chef de l’Etat et “c’est ce qu’il dit qui doit etre respecte”.

Cette demarche exhibe le caractere ridicule et comique de ce gouvernement incarne par le president lui-meme. En effet vouloir s’asseoir avec des gens qu’on a qualifies de voleurs de cabrits, de poules et de boeufs parait irraisonnable. Il est inconcevable qu’un chef d’Etat puisse s’asseoir avec des voleurs de betail qu’il devait en principe referer a la Justice. Mais l’entourage du chef de l’Etat est truffe de gros voleurs qu’il tolere et protege jusqu’a causer la mort du juge voulant punir des voleurs. Martelly veut-il donc proteger des "voleurs" (injustifies) qui sont ces ennemis ou les tourne-t-il au ridicule? Cherche-t-il reellement un dialogue et quel est le but? Quel est l’agenda de ce dialogue?

Le comportement subsequent a la rencontre du president avec ces leaders politiques montre qu’il ne veut que les tourner en ridicule et meme les affaiblir. Le president a en effet declare par la suite que c’est ce qu’il veut qui doit etre execute. Comment vouloir rechercher le dialogue et en meme temps manifester sa volonte unilaterale?

Le president a tenu a rencontrer des personnalites politiques de haut profil plutot que les actuels dirigeants des partis politiques. Il a priorise la rencontre avec des leaders qui ont joue un role dans le gouvernement durant les dernieres decennies. Certains leaders ont devoile le contenu du dialogue alors que d’autres en ont garde le secret. Les dirigeants des partis politiques regroupes sous le sigle de MOPOD les plus opposes au regime actuel proposent des conditions pour une rencontre avec le chef de l’Etat. Ce dernier ne semble pas se preoccuper de la rencontre avec ces derniers.

D’un autre cote les leaders politiques n’ont pas d’agenda pour un pretendu dialogue.Un tel dialogue avec le chef de l’Etat devrait axer sur la resolution des problemes politiques, sociaux et economiques cuisants de ce pays. Il devrait viser a la resolution de la crise actuelle. Cependant certains partis politiques comme ceux regroupes sous l'appellation de MOPOD proposent des conditions valables pour un eventuel dialogue mais l’agenda de leur dialogue n’est pas determine. Les autres partis politiques importants considerent les rencontres avec le chef de l’Etat comme etant informelles. Donc il ne saurait y avoir un agenda. D’aucuns pensent que cette tentative de dialogue est une manoeuvre d’affaiblissement de l’opposition. Une personnalite politique declarait sur les ondes d’une station de radio de la capitale haitienne  que ce dialogue visait a coopter certains membres de l’opposition en vue de la formation d’un nouveau gouvernement en janvier 2014 avec l’elimination du parlement.

Un dialogue de l’Executif avec les membres de l’opposition semble dans l’impasse. Des deux cotes il n’existe pas un agenda visant a sortir le pays du bourbier actuel. Un agenda serieux devrait proposer une resolution de la crise actuelle marquee par la corruption au sein de l’Executif, les violations de droits humains, la crise electorale, la domination du pouvoir executif sur les pouvoirs legislatif et judiciaire, des problemes sociaux et economiques cuisants confrontes par la population. L’Executif est-il pret a appliquer un tel agenda dans la mesure ou il est partie prenante de la crise? Est-il pret a faire un virage a 180 degres? Le respect d’un tel agenda n’impliquerait-il pas la demission du chef de l’Etat dans la mesure ou il a ete mis en accusation par les deux chambres? Cette solution serait un acte de grandeur et une preuve de la volonte du president d’engager le pays sur la voie des reformes politiques, economiques et sociales. Dans ce cas les forces progresistes devraient etre pretes a prendre la releve en formant un gouvernement provisoire en vue de l’organisation d’elections generales sans l’interference de l’international, de la MINUSTAH et d’un super premier ministre parachute de l’exterieur comme il en a ete le cas  apres la chute du gouvernement d’Aristide en 2004

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